39ème RALLYE JEAN DE BERRY

13-14-15-16 MAI 2016

LA VALLÉE DU LOT

 

Traditionnellement, le rallye de printemps du CRB se déroule sur les quatre jours du pont de l’ascension. Mais donc changement pour 2016, pour des raisons de réservations de gites et de couverts ; la durée de cette sortie est restée la même mais elle a été « décalée » à La Pentecôte.

Et nous n’avons pas perdu au change.

Autre changement :  

Le lieu de départ est fixé pour la première fois à l’espace « Fleurette », à la sortie de Bourges en direction de Châteauroux.

Le choix s’avère, d’entrée, fort judicieux car les locaux sont conviviaux, chaleureux par cette matinée maussade de vendredi… et les brioches et autres viennoiseries bien agréables au palais. De plus le patron se montre bon commerçant à l’égard du CRB à l’occasion de cette première prestation.

Premier matin :

Le road-book rapidement distribué nous apprend que nous serons finalement 21 voitures, très utilement listées avec leurs occupant(e)s ; ceci nous permettra de mieux faire connaissance. Mais il ne faut pas s’attarder car la distance est longue jusqu’à l’étape méridienne. Nous partons donc par la rocade Sud-Ouest de Bourges jusqu’à Levet. A partir de là, nous voyagerons sur la D940 une bonne partie de la journée : quelques participants nous rejoindront à Châteauneuf Sur Cher, Lignières voire plus tard à l’étape restauratrice ou dans l’après midi.

A la brume du matin, succèdent des épisodes de pluies : bref c’est la polka des essuie-glaces de nos belles anciennes dûment illuminées (= régulièrement signalées). Dans ces conditions les arrêts « propices » sont de courte durée !!!

Les limitations de vitesse sont portées sur  le road-book ; nous parvenons ainsi jusqu’à Eymoutiers où nous quittons provisoirement l’axe principal de notre déplacement vers le sud, pour circuler par la D30, petite route sinueuse et verdoyante (sans doute bien agréable sous le soleil) jusqu’à l’Hôtel de France de Chamberet, en terre corrézienne. Un véhicule manque à l’appel, mais qu’à cela ne tienne, la solidarité du CRB va permettre à tous de continuer, après un très  bon repas.

En route pour Cahors :

Nous entamons notre deuxième étape en reprenant la D940 à Treignac ; elle nous conduira par Seilhac à la D44 vers Brive-la-Gaillarde. Progressivement le temps devient plus clément, nous pourrons ainsi admirer plus ou moins furtivement, selon les goûts de chacun, Turenne, Martel, Gramat ; nous apprécierons aussi les paysages sauvages de la D32 pour rejoindre par Saint-Martin-de-Vers la D653 et Cahors par la rive droite du Lot. Nous entrons dans la ville par les quais…(dont Champollion sans hiéroglyphes dans le road-book !!!) et après avoir franchi le pont Louis Philippe nous arrivons à l’hôtel de « La Chartreuse » où nous passerons les trois nuits suivantes.

Nous voilà donc « cadurciens » après un périple de plus 400 Kms ; 

A la découverte de nos chambres respectives, au demeurant très confortables, nous sommes sensibles à la délicate attention de nos organisateurs de les trouver toutes avec vue sur le Lot.

La soirée autour d’un très bon repas à l’image de ceux qui suivront ne s’éternise pas car le programme du lendemain nécessite un départ à 8 heures : hommes et mécaniques ont besoin de repos.

Deuxième jour : histoires dans l’histoire…

Cahors vue d’en haut

Après un copieux déjeuner à partir de 7 heures, les moteurs vrombissent afin de gravir d’emblée les pentes du mont Saint CYR ; la route est sinueuse et étroite. Elle grimpe jusqu’à  la crête surplombant la vallée du Lot. Nous garons les véhicules ; puis nous nous dirigeons à pied jusqu’au panorama : la vue est magnifique… à nos pieds plus de 150 mètres plus bas nous découvrons Cahors lovée dans la boucle du Lot, avec ses ponts, dont bien sur le plus ancien et célèbre d’entre eux le pont Valentré …et même notre hôtel.

 Nous prenons date pour le lendemain qui nous permettra de découvrir la ville plus en détail après cette reconnaissance générale. Un dernier regard à partir de ce point culminant au-delà sur la campagne et nous revenons vers nos véhicules pour l’étape suivante du jour.

Les bateliers du Lot

Par la rive gauche en remontant le Lot nous empruntons une voie étroite et pentue jusqu’au petit embarcadère de BOUZIÈS. Le site est touristique, très bien aménagé, il permet la navigation de plaisance sur des bateaux en location pour des durées de plusieurs jours ; mais il y a aussi une gabarre qui nous attend. C’est un bateau à fond plat à faible tirant d’eau à propulsion mixte (GO et batterie) sur lequel nous prenons place dans la fraicheur matinale. L’équipage (pilote et Marion dynamique et bien documentée) nous rappelle la dure vie des bateliers qui « descendaient » au fil de l’eau les diverses productions locales (bois, fer, vin…) jusqu’à Bordeaux mais remontaient leur navire à la force de leur bras, lorsque le bois de celui-ci n’était pas vendu sur place.

Le métier était rude car parfois le halage s’effectuait à partir du haut des falaises dans les parties les plus encaissées. Mais le génie et le courage des hommes peut creuser la montagne pour rendre moins pénible la traction de ces nefs chargées accessoirement de « stockfish » (poisson salé et séché des mers du Nord) qui sert à confectionner la célèbre « Estofinado » très appréciée plus en amont dans la vallée du Lot et notamment dans l’ancien bassin minier de Decazeville. Peut être à découvrir lors d’une autre escapade !!!

Pour nous c’est plus facile et nous découvrons, orientés par notre guide, des grottes, des formes improbables d’animaux, de personnages sculptées par la nature, un héron cendré qui fait sa toilette, des hirondelles de roches…  et puis soudain à « bâbord » un canot puissamment animé par un athlète nous dépasse à grands coups de rames. Aussitôt Marion nous explique que nous allons arriver à l’écluse de « Ganil » où le navigateur solitaire nous attendra. Mais préalablement la gabarre se rapproche de la rive droite afin que nous puissions admirer, précisément sur la paroi du chemin de halage creusée à main d’homme sur près d’un kilomètre en 1845, la sculpture réalisée en 1985 /86 par l’artiste toulousain Daniel MONIER. Nous y reconnaîtrons des poissons, des oiseaux locaux…

Le passage de l’écluse de « Ganil » est pour le moins physique (pas pour les passagers que nous sommes) mais pour Marion et son coéquipier qui pour le coup ne rame plus mais tourne la manivelle de fermeture puis d’ouverture des portes de l’écluse… mais à ce jeu là c’est l’ambidextre et expérimentée Marion qui l’emporte sous nos encouragements à l’aller comme au retour vers notre point d’embarcation.  

A la descente à terre, certains empruntent le chemin de halage jusqu’à la maison du marinier dotée de deux escaliers et d’une sortie haute, lorsque la crue de la rivière dépasse les six mètres : on peine à imaginer.

CÉNEVIÈRES : l’histoire revisitée,

D’abord par le même chemin très raide, nous accédons au plateau puis nous rejoignons toujours en rive gauche cette ancienne place forte médiévale remaniée à la renaissance. Le site, à flan de falaise, en surplomb sur la rivière a connu depuis la nuit des temps toutes les vicissitudes de la grande et petite histoire (guerres de religion, anglaises, royales, révolution…) contée à sa manière par le  maître des lieux Monsieur de Braquilanges, époux d’une berrichonne de noble famille.

Nous apprenons ainsi que les lieux ont appartenu au marquis de la Tour du Pin, dernier ministre de la Guerre de Louis XVI et « raccourci » de ce fait, …mais ayant, au préalable et fort heureusement, pu céder Cénebière à l’aïeul de notre hôte. Celui ci nous parlera aussi, avant et tout au long du repas, servi par lui-même et Madame, dans une salle voutée à l’acoustique surprenante (malgré le brouhaha on peut parfaitement comprendre ce qui se dit d’un bout à l’autre  du local: pour le milieu on ne sait pas !!!), de la prise et du saccage (heureusement partiel du château par des villageois finalement enivrés dans la cave) et de François III (c’est plus actuel)…

Bien repus, servis comme des princes, nous continuons la visite d’une infime partie de l’immense demeure qui recèle, grâce à la curiosité de son propriétaire, des vues d’Istambul, longtemps dissimulées dans un faux plafond : est-ce l’explication des coupoles de la cathédrale de Cahors ? et pour finir nous croiserons un autre groupe sous la conduite du papa de Monsieur, âgé pour sa part de 96 ans, bon pied bon œil pour que perdure l’histoire...

 SAINT-CIRQ LAPOPIE : histoire ancienne et moderne,

Sur le chemin du retour, ce village « préféré des Français en 2012 » qui reçoit plus de 400.000 visiteurs par an, nous attend, dotés d’un plan approprié, pour une visite libre. Il marie harmonieusement un passé médiéval, riche mais aussi mouvementé par les guerres de religion locales, avec la passion d’artistes et d’hommes célèbres : André Breton, les peintres surréalistes, des post impressionnistes invités par le galeriste amateur d’art éclairé Joseph Rignault dont le musée est situé au sein du bourg dans l’ancien château de La Gardette.

Après cette journée bien remplie et à présent bien ensoleillée, tous les véhicules, secouru pour l’un d’entre eux grâce à la compétence éclairée et à l’esprit du CRB qui perdure, rentrent à notre hôtel, cette fois par la rive droite de la rivière.

 

Troisième jour : Cahors, son vignoble et incursions en Quercy blanc,

Le petit train,

C’est dimanche, la matinée est fraiche mais un soleil radieux est au rendez vous ; il est 9 heures. Un petit train vient sagement s’aligner devant l’hôtel ; il va nous permettre de découvrir la vieille cité des cadurques dénommée « divona cadurcorum » à l’époque romaine, CAHORS intra muros.

Ainsi pendant une bonne heure, avec Marie aux manettes et Eve comme guide commentatrice, nous allons découvrir dans le détail et au plus près la ville que nous avons « surplombée » hier depuis le mont Saint CYR.

Nous nous arrêterons bien sur à la fontaine des Chartreux là où jaillit la source de la bonne fée « divona » vénérée par nos ancêtres les gaulois. Nous évoquerons Jacques DUEZ qui fut un des rares papes Français sous le nom de Jean XXII ; Léon Gambetta lors du passage sur le boulevard éponyme ; le juriste Cujas, toulousain d’origine mais bien connu à Bourges où il décéda, Clément Marot… et le diable qui permit de poser la dernière pierre du pont Valentré.

Nous nous insérerons dans la vieille ville où nous nous arrêterons devant de belles demeures, avant de revenir à notre hôtel pour la deuxième découverte de la matinée.

Domaine de Ponzac: Chez Matthieu et Virginie,

Nous partons en direction du Sud-Ouest, nous accédons au plateau par une petite route étroite et sinueuse, traversons Trespoux,Villesèque, Trébaix, Carnac-Rouffiac, pour rejoindre une vieille et importante bâtisse en haut d’un promontoire panoramique, le domaine de Ponzac.

Un jeune couple, leurs deux enfants (fille et garçon) nous accueille chaleureusement ; ils nous font partager leur passion pour le magnifique breuvage à la robe sombre, issu du cépage Malbec, prisé par les rois de France et même, dit-on, par le tsar Pierre le Grand. Ils se sont connus à Bordeaux lors de leur études d’œnologie et c’est ainsi que Virginie, de Saint-Emilion, a rejoint Matthieu, lotois pure souche et fier de l’être.

A l’issue de la dégustation, conduite avec un art parfaitement maîtrisé de la communication portée par une réelle passion pour la vigne, le vin et le respect de la nature, nous nous accorderons sur la qualité de leur production et suivant nos goûts ouvriront nos coffres aux flacons traduisant cette passion en « Maintenant », « Patiemment », « Eternellement ».  

A noter l’excellente idée de l’accompagnement de la dégustation par des toasts au foie gras et de la charcuterie en liaison avec l’auberge de la Tour à Sauzet où nous apprécions en gourmets un repas qui se prolonge.

Rive gauche, rive droite et Prince en Quercy blanc,

Le reste de l’après midi est pour nous, il fait un soleil magnifique ; nous pouvons décapoter.

Les indications du road book que nous suivrons à notre gré, nous suggèrent de rejoindre la rive gauche du Lot à LUZECH puis de «descendre» jusqu’à Puy-L’Evêque, vieille cité en surplomb de la rivière. Nous pouvons découvrir à pied les vieux quartiers avec de belles demeures rénovées avec soin et authenticité.

Le retour peut s’effectuer, en rive droite, dans cette vallée où les villages sont plus beaux les uns que les autres jusqu’à Cayx (on prononce caïx en langue d’Oc) où s’il nous agrée nous pouvons pousser jusqu’au Château acquis par la famille royale du Danemark en 1974 ; il est bon de rappeler que le prince Henri de Laborde de Monpezat, enfant du pays a contribué à une restauration fidèle et authentique des lieux. Son vignoble est aussi réputé.

Puis nous rentrons fidèlement à notre hôtel, en suivant au passage la recommandation de prévoir le plein du réservoir en vue de la route du retour.

La soirée, autour d’un excellent repas à l’image des précédents avec des menus soignés et variés, est empreinte de nostalgie et particulièrement conviviale.

Quatrième jour : il faut penser à rentrer…

En route pour les Monédières…

Nous partons vers le Nord par l’ancienne Nationale 20, obliquons vers l’Est à Payrac pour une halte à Rocamadour ; il n’est pas interdit de faire un peu de tourisme d’autant que le soleil est au rendez-vous et qu’il est donc possible de décapoter.

Ce sera ensuite Bretenoux, le franchissement de la Dordogne à Beaulieu, la traversée de Tulle (bravo le road book, car ce n’est pas simple) Corrèze en Corrèze et Meyrignac où dans le cadre, magnifié par son directeur, nous découvrons et pouvons même visiter des appartements de séjour du Domaine des Monédières ; on y a même pensé aux VIP et… à la gestion des « zones humides » (pour d’autres initiés) !!!

Retour à la maison…

Une nouvelle fois repus et agréablement satisfaits avec une attention particulière pour les amateurs de desserts non lactés, nous reprenons nos voitures, traversons Guéret (avec quelques dissidents qui doivent déjà nous quitter) et par Boussac entrons à Préveranges, au fin fond du département, dans le Cher, dans la fraicheur.

Nous nous retrouvons pour le traditionnel « pot de dislocation » chez notre président où il y a surtout de la nostalgie et des yeux qui brillent d’amitié après ces quatre belles journées passées ensemble. En fait ce n’est pas une « dislocation » mais une simple éclipse d’une belle « cohésion ».

Et le mot de la fin…

Un grand merci à Marie-France et Michel, tout a été parfait, soigné, organisé dans le détail, avec attention, délicatesse et sympathie…une grande maîtrise du premier coup :

BRAVO et FELICITATIONS

Bien cordialement : J-M R.